compte-rendu de l’AG du 26 septembre 2018

s’affirmer comme un territoire haut de gamme

 

L’assemblée générale du 26 septembre a été un temps d’échange et de travail autour du thème s’affirmer comme un territoire haut de gamme, troisième chapitre de la lettre ouverte publiée par l’association en mai 2018. En introduction à nos échanges, nous avions posé quelques réflexions destinées à alimenter les débats.

A Saint-Nazaire, depuis longtemps, le savoir-faire, l’expertise technologique sont notre quotidien.
Les navires et les avions qui sortent de nos bureaux d’études et de nos usines sont les témoins de l’excellence de notre bassin d’emploi qui réunit des cultures professionnelles et des savoir-faire de premier plan. L’offre touristique, le logement, l’enseignement supérieur et la recherche, l’économie numérique… peuvent aussi incarner un certain luxe made in Saint-Nazaire, où la qualité fait avant tout la valeur.
De cette idée du haut de gamme, il n’y a qu’un pas à faire pour se dire qu’ici, grâce à la force et à la beauté des paysages qui nous entourent, grâce à la taille humaine de la ville, le luxe de l’espace et du temps sont à la portée de tous. En tous cas bien plus accessibles que dans les grandes aires urbaines qui attirent parfois trop facilement les regards.
On sous-estime sans doute, en tant qu’habitants de villes moyennes, le luxe inestimable qu’apporte le fait de vivre dans une ville, une agglomération où tout est accessible à l’échelle du quart d’heure.
On sous-estime sans doute tout ce que cette situation privilégiée nous apporte en matière de qualité de vie individuelle, familiale, mais aussi en termes de vie collective, associative, militante.

 

 

Compte-rendu des échanges

Les échanges de cette assemblée générale font largement penser à ceux qui se sont tenus il y a quelques années autour des réflexions sur Saint-Nazaire – Ville plaisir. Autant le fond et la forme de cette association d’images avaient été considérés, de l’avis général, comme une belle manière de parler de la ville et de son avenir, autant le sujet du haut de gamme a suscité plus de débat.

Les échanges font apparaître que la formule pose souci. Trop associée à une communication sur les produits, manquant d’humanité, trop en décalage avec l’histoire de la ville elle parait difficile à appréhender et à utiliser, même si plusieurs expressions soulignent l’intérêt de cette formulation, ne serait-ce que pour son caractère provoquant pour le débat.

Quasiment toutes les interventions soulignent à quel point il est aujourd’hui important de parler, aux nazairiens et à l’extérieur, de la qualité de vie, de la beauté, du charme de la ville, de son caractère fonctionnelle et pratique, pour tous les âges, de la générosité de ses espaces publics. Toutes et tous au sein de groupes de travail soulignent le besoin de parler de cette ville attachée au travail manuel, au beau geste, au façonnage, à l’expertise, au soin porté aux choses.

De nombreuses interventions n’hésitent pas à parler du luxe au quotidien permis par une ville à taille humaine face aux contraintes des grandes métropoles, du plaisir d’une ville qui vit bien sans être frénétique et de la générosité de ses espaces publics: qualité des matériaux et des aménagements.

Nombreux sont ceux qui soulignent l’importance des relations humaines et des solidarités, la valorisation des métiers, du beau geste et des savoirs faire, la fierté d’être inscrits dans une histoire forte et populaire, dans une épaisseur humaine, y compris avec sa part de difficultés et parfois de douleurs, à rebrousse-poil des discours parfois lisse sur les villes qui se ressemblent (toutes modernes, connectées, créatives, aisées…).

D’aussi nombreuses interventions ont souligné le besoin des groupes de travail de faire la liste de tous les éléments qui participent au confort de la ville, à son charme, à sa spécificité. Et elle a souvent été longue, qu’il s’agisse de sujets matériels tels que des équipements, des offres de services, ou plus immatériels tels que sa lumière, son esthétique inspirante, la variété des paysages et des ambiances au sein d’une même commune etc. Chacun se plait à souligner ce qui fait exception, ce qui fait distinction, ce qui fait parfois confort et privilège mais qui se résume mal dans cette expression du haut de gamme.

Finalement les rapporteurs des groupes de travail se retrouvent tous pour dire qu’à Saint-Nazaire on bénéfice d’une haute qualité de vie, certains parlant même d’une vie privilégiée, même si cette formulation pose la aussi question à d’autres adhérents qui rappellent que nombre d’entre nous ont une vie qui n’est ni facile ni sereine. Le vocabulaire dérange mais toutes et tous font finalement usage naturellement de ce qu’il recouvre pour parler espaces publics, équipements, confort et plaisir de vivre ici.

Certains soulignent quant à eux que l’expression ne les choque pas en tant que telle, mais que l’on pourrait craindre la moquerie venue de l’extérieur. La discussion se poursuit sur le complexe d’infériorité persistant chez les nazairiens quand d’autres villes ont moins de scrupules à se faire un peu prétentieuse, à la fois pour embarquer leur population et pour faire envie aux visiteurs et porteurs de projets.

Ce sentiment de vivre dans un territoire exceptionnel se traduit par plusieurs demandes appelant à mieux valoriser les liaisons ville / campagne / océan / Brière. Univers proches, très différents, et parfois pas toujours facilement accessibles, beaucoup d’interventions soulignent le besoin de les rendre plus abordables pour bien souligner par ce fait les opportunités de promenades, de découvertes permises par cette ville au croisement de plusieurs grands paysages. L’importance du travail engagé sur les cheminements vélos (pour le service qu’ils rendent autant que pour l’image qu’ils donnent) est souligné.

La question de l’implantation de l’office du tourisme, loin du centre-ville dans lequel la Ville fait des efforts permanents pour ramener du flux et de la fréquentation interroge de nombreux adhérents. Avec aussi l’idée que l’office du tourisme, ou une forme nouvelle à inventer pour rassembler d’autres formes d’informations, permettrait aussi aux nazairiens de mieux connaitre leur propre ville en s’y rendant plus naturellement qu’aujourd’hui.

Au gré des discussions sur la valorisation des espaces exceptionnels ou remarquables de la ville, sont souvent soulignés l’envie et le besoin de parler de plusieurs lieux (considérés comme des pépites) qui nécessiteraient en vrai projet: le Parc paysager, la base sous-marine (avec des envies souvent évoquées de végétalisation et d’installations de lieux d’agrément ou de loisirs), le port et le plateau du Petit Maroc (mentions avec regrets du mauvais état des mises en lumière de Yann Kersalé sur le secteur portuaire), la poursuite du front de mer vers la Loire et vers le chemin des douaniers, la baie de Saint-Nazaire en tant que telle et l’enjeu de faire émerger une vraie base nautique.

En contrepoint de ces pépites, plusieurs interrogations s’expriment pour évoquer les constructions le long du Boulevard de la Côte d’amour, avec le sentiment que le projet urbain et l’espace public n’y parait pas assez lisible ni tenu.

Une vigilance particulière est demandée quant à la façon de parler des activités industrielles présentes dans notre ville. Si beaucoup d’expressions soulignent l’importance du travail à haute valeur ajoutée, de l’expertise, de l’innovation, nombreux sont ceux qui demandent aussi une vigilance plus grande pour ne pas oublier de parler de toutes celles et ceux qui font normalement leur travail, ou qui travaillent dans des activités qui n’ont pas forcément de caractère exceptionnel mais qui sont néanmoins sérieusement engagés dans leurs métiers et que c’est d’abord l’activité de toutes ces personnes qui fait Saint-Nazaire.