assemblée générale du 15 mars 2018: lettre ouverte

« Dans une démocratie, le rythme de la vie politique est donné par les élections.

C’est, en complément de tous les espaces de concertation qui accompagnent la vie des projets, le moment pour les élus de rendre compte auprès des habitants de leurs actions et de leur conduite des affaires publiques. C’est aussi le temps du débat entre les projets, entre les hommes et les femmes qui se proposent d’assumer des responsabilités politiques, c’est à dire de conduire les affaires de la cité.

Ces débats doivent rendre lisibles les projets pour donner à voir ce qui sera fait durant le mandat. Ils doivent porter le regard, car un projet de ville ne se résume pas à la gestion courante des affaires communales pendant six ans. Un projet de ville consiste à anticiper l’avenir, à le préparer. Tant pour les habitants qui attendent de leurs élus des orientations politiques claires afin de leur confier un mandat, que pour tous les acteurs institutionnels, associatifs, économiques qui ont besoin de visibilité pour jouer pleinement leur rôle et donner sa pleine puissance à la ville et à son agglomération.

Cette lettre ouverte s’inscrit dans cette volonté de travailler à cette longue échelle de temps. Elle est donc volontairement diffusée en dehors des échéances électorales. Elle propose de prendre le temps de partager des idées, des envies, des défis et in fine d’enrichir les réflexions sur l’avenir de Saint-Nazaire.

Notre attachement à Saint-Nazaire est sincère et profond. Par cette lettre, issue des premiers travaux menés au sein de l’association Demain Saint-Nazaire, nous le partageons avec vous. Nous avons souhaité décrire notre ambition, ce que nous entrevoyons pour notre ville, parce que c’est ensemble que nous relèverons les défis qui sont devant nous.

Ce document est donc une invitation, une introduction au débat, un appel aux échanges constructifs et respectueux. Nous vous proposons de rejoindre les adhérentes et les adhérents de Demain Saint-Nazaire pour prendre le temps de parler ensemble de l’extraordinaire potentiel de notre ville, de notre avenir commun et des défis qui nous attendent. Réunissons la diversité des hommes et des femmes que nous sommes, les énergies humaines, individuelles et collectives qui font ce qu’est notre ville.

Nous vous remercions par avance de l’attention que vous voudrez bien porter à ces quelques lignes et des contributions que vous souhaiterez, nous l’espérons, y ajouter. »

 

David SAMZUN
Fondateur de Demain Saint-Nazaire
Maire de Saint-Nazaire

Franck HORN
Président de l’association Demain Saint-Nazaire

 

 

 


un cap

Saint-Nazaire est inscrite dans une échelle mondiale, en raison de sa géographie et des activités industrielles qu’elle accueille, tout en restant elle-même une ville profondément à l’échelle humaine.

Son histoire, somme toute récente et agitée, mais surtout ses habitants avides de débats, d’initiatives, d’actions collectives, font qu’elle a ce privilège d’être une ville en devenir. Ce n’est pas une ville figée, au destin tracé. C’est au contraire une ville qui évolue et s’invente sans cesse, grâce à ses habitants, grâce à sa forme même.

Saisissons le plaisir d’être une ville qui respire. Les regards visiteurs, des artistes et des créatifs, marqués par les grands paysages et l’architecture sobre et très graphique des années de la Reconstruction, riche patrimoine qui demande encore à être révélé, soulignent le potentiel de notre ville: la faible hauteur des bâtiments, la largeur des avenues, l’omniprésence du ciel et la force des lumières de l’estuaire font de Saint-Nazaire, à la fois blanche et colorée, une ville ouverte et atypique. Ici, il y a de la place pour s’épanouir, agir, mener sa vie. Partout se dévoilent des perspectives, des lignes de fuite, propices au rêve et à l’imaginaire.

Saisissons l’opportunité d’être une ville à taille humaine, qui accorde de la place à celles et ceux qui veulent s’y investir:
– de la place, au travers de nos réserves foncières importantes constituées par nos aînés et qui nous permettent de poursuivre le développement de la ville sans l’étendre,
– de la place pour construire des équipements publics, tels qu’un grand centre aquatique, une extension du conservatoire, des logements aux abords même du centre-ville,
– de la place pour engager le réaménagement de notre grande plaine des sports, pour réaliser un front de mer généreux et accueillant, qui intègre déjà un skatepark très fréquenté et demain une Place du Commando qui sera l’un des cœurs battants de la ville, hiver comme été,
– de la place aussi pour accueillir des projets entrepreneuriaux, associatifs, commerciaux, fruits de l’imagination et du talent des nazairiennes et des nazairiens et de toutes celles et ceux qui souhaitent venir participer à son développement.

C’est le sens des travaux lancés dans le cadre des larges concertations menées depuis le début du mandat, telles que les « Rendez-vous de la culture » ou la « Fabrique des politiques sociales » et de celles qui restent à venir.

C’est une véritable chance d’habiter une ville dans laquelle les habitants peuvent collectivement se demander ce qu’ils souhaitent devenir quand tant d’autres cités sont convoquées par leur histoire, leur géographie, leur forme urbaine, à être simplement ce que l’on attend d’elles.

Notre ville a le privilège de pouvoir encore s’inventer et nous avons la volonté que chacun puisse y prendre sa part.

A nous de faire appel intelligemment à ce que notre géographie (avec l’estuaire du plus grand fleuve de France, un océan et un marais d’exception) et notre histoire nous ont apporté de mieux. Puisons ensemble dans notre mémoire collective où plusieurs forces font encore écho: la Petite Californie Bretonne (avec l’esprit de conquête, l’énergie, la recherche de la nouveauté), la Reconstruction (avec les valeurs de résistance, de volonté, de solidarité et d’initiatives), la culture industrielle (avec le souci de l’expérimentation, l’innovation technologique ou sociale, le sens de la fraternité et de l’émancipation), la modernité (avec un sens de la curiosité et un appétit pour la nouveauté, une vitalité culturelle et créative, une capacité à construire, refaire et reconstruire encore).

Belle et fière d’elle-même, parfois excessive et paradoxale, éventuellement effrontée mais en tous cas créative, motrice pour son territoire, Saint-Nazaire a finalement de l’aplomb. Doutant parfois de ses talents et de sa beauté, elle a sans doute encore besoin de se révéler à elle-même et aux autres, de gagner en maturité et de s’assumer dynamique, attractive et attachante.

Éclairée par sa jeune histoire, ses réussites et ses tentatives, Saint-Nazaire a l’avenir devant elle. Elle peut oser: vivre, échafauder sans cesse des projets, s’amuser, s’émanciper! Ville à vivre, ville collaborative, ville audacieuse, Saint-Nazaire est une ville d’expérience(s). Elle offre à toutes et tous le cadre et les opportunités d’une belle vie urbaine et créative au bord de l’Océan.

Voilà ce que nous entrevoyons de Saint-Nazaire, pour elle-même et comme moteur du territoire dans lequel elle s’inscrit. Voilà ce que nous pouvons tous ensemble faire de notre ville. Voilà ce à quoi l’avenir nous convie.

 

 

 


des balises

Saint-Nazaire est forte d’une puissante mémoire collective qui ne cesse de s’enrichir au gré des arrivées des nouveaux habitants. C’est son talent de savoir accueillir et intégrer, de construire des solidarités pour se reconstruire sans cesse. Elle est née de cette capacité à fabriquer du collectif avec des personnes venues d’ailleurs, c’est cette histoire qui lui permet encore de s’inventer. C’est un atout qu’il faut savoir préserver. Comme il faut savoir se préserver de la tentation de figer la ville dans une seule identité ou dans un avenir étriqué.

Nombreuses sont les personnes qui arrivent avec des représentations erronées sur ce qu’est Saint-Nazaire et qui changent rapidement d’avis au gré d’une simple visite. Restent encore quelques commentateurs qui dressent de notre ville un tableau bien éloigné de cette réalité que nous connaissons, nous qui y vivons au quotidien.

Dans cet exercice qui doit nous réunir, il ne s’agit pas de dresser de Saint-Nazaire une image idyllique déconnectée de la réalité pour le simple plaisir de l’autosatisfaction. Il s’agit de construire ensemble un projet de ville, d’appréhender la meilleure façon d’aborder les enjeux de notre temps.

Car Saint-Nazaire est au cœur de nombreux défis contemporains: évolution des formes d’emploi, nouvelles solidarités sociales et territoriales, articulation d’un exceptionnel environnement avec les activités humaines, recherche et innovation industrielle, transition énergétique, tourisme et société des loisirs, numérique et nouvelle économie…

Être une ville de bord de mer est un atout incontestable mais pas suffisant. Le travail auquel nous vous invitons doit nous permettre de faire émerger des richesses véritablement singulières de notre ville: être une ville de passage et de brassage, une ville cosmopolite, une ville qui accueillie des fleurons industriels constructeurs de géants et fierté de ses habitants, une ville dans laquelle le nombre d’emplois comparé au nombre d’habitants est exceptionnel, une ville dont la population est prête à inventer, démonter, reconstruire, une ville marquée par la générosité des espaces publics et la variété des paysages, une ville capable d’inviter au voyage et qui aime se nourrir des imaginaires.

Dans ce contexte, nous avons l’intuition que quatre enjeux structurants attendent Saint-Nazaire.

 

rassembler la ville

Saint-Nazaire a la chance d’être composée de plusieurs quartiers aux identités fortes et diverses (Méan-Penhoët, l’Immaculée, Chesnaie-Bouletterie-Tréballe, Saint-Marc notamment) qui représentent, par leurs paysages, leurs histoires, leurs services, autant de pôles de vie. Ils sont des atouts majeurs. Cette échelle humaine doit être privilégiée dans les réflexions sur les projets d’aménagement. Coté port et côté Brivet à Méan-Penhoët, côté marais et campagne à Prézégat et à l’Immaculée, côté plages de Villès-Martin à Saint-Marc… Saint-Nazaire est riche de cette diversité. La centralité doit trouver comment s’exprimer dans chacun de ces quartiers. Plus encore qu’aujourd’hui, Saint-Nazaire doit pouvoir trouver son art de la place, du faubourg commerçant, du petit marché…

Mosaïque urbaine, mosaïque sociale, Saint-Nazaire est une ville composite, une ville d’assemblage qui cherche encore son ancrage. La réponse à ce besoin d’ancrage, c’est le centre-ville. Il doit devenir pleinement un lieu d’habitation et de destination, l’espace commun de toutes les nazairiennes et de tous les nazairiens. Nous avions déjà fait de cette question un sujet majeur de nos précédents travaux. Depuis, une délibération cadre adoptée en conseil municipal, à l’unanimité, a permis de dresser un plan d’action. Il se déploie progressivement mais il reste beaucoup à faire.

Porter l’ambition de rassembler la ville, c’est faire de la centralité le cœur du projet urbain.

Ce sujet restera sans aucun doute majeur pour encore plusieurs années. Il demandera vigilance et persévérance car la réponse ne réside pas uniquement dans la vitalité des linéaires de boutiques. Nous devons à la fois imaginer ce que sera le centre-ville de demain et façonner aujourd’hui un centre-ville qui soit une destination désirée et agréable pour tous les habitants de la ville et de l’agglomération.

Une ville dont on cherche le centre-ville est un peu comme un bateau sans amarres: il flotte, mais il dérive… Faire du centre-ville de Saint-Nazaire le bien commun de tous ses habitants et de tous ses quartiers c’est d’abord faire en sorte qu’il y ait toujours un motif, une envie de s’y rendre, d’y passer, d’y flâner, de s’y poser… et puis aussi d’y habiter, d’y étudier, d’y travailler. Plus que d’être au centre-ville, on doit se sentir en centre-ville et y trouver plaisir, parce que là, il se passe toujours quelque chose. L’installation du Dragon des mers, et prochainement de son petit, la prochaine présence d’étudiants, la future revitalisation des halles en seront des leviers essentiels.

Rassembler la ville, c’est aussi compléter l’offre de grands équipements. Après le Théâtre et le cinéma, la future grande salle associative « Alvéole 12 » dans la base des sous-marins, le centre aquatique et le bassin de plaisance, l’entrée de ville et la gare réaménagée seront des points d’appui importants du projet urbain. La question des usages de la Soucoupe sera aussi sans doute l’un des prochains grands sujets de réflexion.

 

développer la façade atlantique de la métropole Nantes Saint-Nazaire

L’alliance Nantes Saint-Nazaire est pensée, et dotée d’outils, depuis plus longtemps. Elle reste un enjeu majeur pour notre avenir. La métropole Nantes Saint-Nazaire s’ouvre très largement aux territoires voisins, par-delà les limites institutionnelles que traversent quotidiennement ses habitants autant que ses visiteurs. Activer la façade atlantique de la métropole Nantes-Saint-Nazaire c’est faire vivre pleinement la relation entre ces deux agglomérations, c’est porter un projet pour l’avenir du Grand Port Maritime de la métropole, et c’est aussi compléter nos réflexions en pensant une nouvelle dynamique métropolitaine: celle d’un trait de côte qui s’étire vers le Golfe du Morbihan autant que vers la côte de la Vendée.

Saint-Nazaire est donc au croisement de deux grandes dynamiques et cette configuration originale lui confère des responsabilités particulières. Saint-Nazaire est au cœur de ce grand espace littoral. Elle n’en est pas la ville centre, mais elle assume et rassemble des fonctions de centralité bien spécifiques, dans le domaine de l’emploi, du trafic de marchandises, de la logistique, de la santé, de la culture et dans d’autres nombreux domaines qu’il nous faut mieux identifier et renforcer au service de toutes les communes environnantes.

Saint-Nazaire a un positionnement bien spécifique: industrielle, portuaire, touristique, culturelle. Dans ce maillage de villes qui font la variété et la richesse de l’ouest du département, elle doit trouver son chemin, sans prétention, mais en étant force de propositions et de coopérations avec les territoires qui composent cette façade atlantique métropolitaine, en concourant à réunir toutes les bonnes volontés pour organiser concrètement une réelle alliance des territoires.

Dans ce contexte, les enjeux de la façade littorale et de l’estuaire sont au premier plan. Tous les pans de l’économie maritime sont au rendez-vous et constituent autant de sujet de réflexion et de projets qui s’imposent à nous. Là encore, nous devons poursuivre les réflexions sur les défis propres à Saint-Nazaire et sur tous ceux qui concernent autant notre ville que toutes ses voisines du nord et du sud de la Loire.

Ensemble, nous constituons une forme de métropole littorale, peut-être plus sous la forme d’un archipel que de cercles concentriques, mais une métropole tout de même dans laquelle les questions d’emploi, de déplacement, de rayonnement sont spécifiques, et intrinsèquement liées, et doivent être travaillées à cette échelle.

 

s’affirmer comme un territoire haut de gamme

A Saint-Nazaire, depuis longtemps, le savoir-faire, l’expertise technologique sont notre quotidien. Les navires et les avions qui sortent de nos usines et de nos bureaux d’études sont les témoins de l’excellence de notre bassin d’emploi qui réunit des cultures professionnelles et des savoir-faire de premier plan. L’emploi, la formation, l’orientation sont des sujets qui restent encore à explorer, avec tous nos partenaires, pour conforter l’avenir industriel de notre région et de notre pays. Au-delà, l’offre touristique, le logement, l’enseignement supérieur et la recherche, l’économie numérique… peuvent aussi incarner un certain luxe « made in Saint-Nazaire », où la qualité fait avant tout la valeur.

De cette idée du haut de gamme, il n’y a qu’un pas à faire pour se dire qu’ici, grâce à la force et à la beauté des paysages qui nous entourent, grâce à la taille humaine de la ville, le luxe de l’espace et du temps sont à la portée de tous. En tous cas bien plus accessibles que dans les grandes aires urbaines qui attirent parfois trop facilement les regards. On sous-estime sans doute, en tant qu’habitants de villes moyennes, le luxe inestimable qu’apporte le fait de vivre dans une ville, une agglomération, où tout est accessible à l’échelle du quart d’heure. On sous-estime sans doute tout ce que cette situation privilégiée nous apporte en matière de qualité de vie individuelle, familiale, mais aussi en termes de vie collective, associative, militante.

Il y a là aussi matière à réflexions et à projets pour mieux parler de notre ville. Parler avec les habitantes et les habitants, et aussi s’adresser à toutes celles et ceux qui ne nous connaissent qu’au travers de quelques vieilles images d’Epinal dont chacun sait qu’elles ne résistent jamais à une première visite.

 

faire place à l’initiative

Nous sommes les héritiers d’une ville dans laquelle le rôle de la puissance publique a toujours été fort. Souvenons-nous que Saint-Nazaire s’est développée grâce à une décision extérieure liée aux nécessités de doter Nantes d’un avant-port et la France d’outils de constructions navales de grandes capacités. Souvenons-nous aussi du fait que, au sortir de la seconde guerre mondiale, la puissance publique a dû prendre en charge, dans tous les sens du terme, la vie quotidienne de la population. Tout cela a généré une culture du projet et de l’aménagement public, une force des politiques publiques qui ont permis et permettent encore de grandes réalisations. Il faut aussi reconnaître que cela a parfois généré une forme d’attentisme vis-à-vis de la décision politique.

Nous sommes à un tournant de notre histoire, qui voit émerger de toute part des volontés de prises de responsabilités, des demandes d’autonomie dans la conception et la conduite des projets. Nous devons continuer d’inscrire Saint-Nazaire dans l’ère de l’économie et de la société collaborative en mobilisant les énergies, la capacité d’entreprendre et d’innover de chacun, en suscitant les rencontres et les coopérations entre la puissance publique et toutes ces initiatives associatives et citoyennes. Placer la question du « mode de faire contributif » au cœur du projet, c’est affirmer que le « comment » est aussi déterminant que le « pourquoi », que la réalisation importe autant que l’ambition.

C’est aussi mieux définir les contours des expertises d’usages, des expertises citoyennes, en les articulant avec l’expression de l’intérêt général dont est garante la collectivité. Lorsque les règles sont bien posées, ces expertises peuvent souvent apporter des éclairages et des propositions utiles pour améliorer très concrètement le quotidien des habitants d’une rue, d’un quartier, de la ville.

Notre histoire coopérative, syndicale, mutualiste, associative nous aidera à nous saisir de ces enjeux.

Beaucoup reste à faire pour dessiner les contours d’une ville incluante, pour celles et tous ceux qui y sont déjà comme pour celles et ceux qui vont nous rejoindre. Cela nous convoque à dresser les bons cadres des temps de concertation, qui peuvent vite se vider de leur sens si les règles du jeu n’ont pas été posées, comprises, assimilées. Cela nous impose de faire des efforts supplémentaires pour solliciter celles et ceux qui ne sont pas coutumiers de ces exercices de débat, et qui s’éloignent parfois de la vie collective. Cela suppose aussi intégrer les enjeux de la révolution numérique en marche, l’explosion des communautés virtuelles qui se créent et se récréent chaque jour, et les mettre à profit pour «faire ville» avec plus d’intelligence collective.

Parce qu’elle est à la fois ville moyenne et métropolitaine, Saint-Nazaire peut incarner une alliance de l’esprit de conquête et de la taille humaine, l’ambition et la proximité. Ici plus qu’ailleurs, nous devons apprendre à faire plus de place aux initiatives, en nous disant que c’est un défi sans fin, car il n’existe pas de recette miracle.

Tout cela rend ce moment politique passionnant. Nous appelons toutes celles et ceux qui le souhaitent à rejoindre Demain Saint-Nazaire pour travailler ensemble sur ces sujets. Ensemble, nous imaginerons les manières de faire vivre pleinement la démocratie.

 

 

 


des escales

Une fois le cap posé, reste à faire des escales pour enrichir le voyage. Pour cela, nous vous proposons de décliner les réflexions autour d’un éventail de sujets, qui pourraient former autant d’ateliers autour desquels nous vous proposons, ensemble, de façonner, triturer, trier, regrouper tous ces composants qui font de Saint-Nazaire ce qu’elle est.
Si des morceaux manquent, nous les rajouterons.
Si des morceaux se ressemblent, nous garderons le mieux tourné.

En guise d’introduction au débat, quelques mots sur chacune de ces escales qui nous attendent. Comme une invitation à s’y retrouver pour débattre ensemble de l’avenir de notre ville, pour imaginer les propositions nouvelles qui viendront alimenter les réflexions et un jour les futurs projets.

 

les pieds dans l’eau – Saint-Nazaire est une ville située entre Loire, océan et marais. Cet emplacement d’exception offre une belle qualité de vie pour les habitants et de belles perspectives pour le tourisme. Au bout de la rue, sur les places, en promenade, au bord des étangs, dans le futur bassin de plaisance, comment continuer à favoriser la découverte de l’océan et de ses ressources et à faire de l’omniprésence de l’eau une évidence et une opportunité?

destination centre-ville – Et si on allait faire un tour en ville? A Saint-Nazaire, cela ne va pas encore de soi. Comment faire du centre-ville un lieu de destination pour tous les habitantes et les habitants de Saint-Nazaire? D’abord sans doute, et bien au-delà ensuite, en y faisant une place inédite aux familles et aux enfants, en y retrouvant des étudiants, une offre culturelle et de loisirs, pour que le flux soit là et que continuent à s’y développer des commerces attractifs. Comment amplifier notre attention à ce bien commun comme lieu de destination pour tous, comme lieu de vie pour certains et comme héritage patrimonial de la Reconstruction?

le bac à sable – Faire une large place à l’enfant et aux jeunes dans la ville, c’est la rendre accessible et agréable aux plus petits comme aux plus grands. Au-delà des seuls équipements, l’attention portée aux enfants et à la jeunesse doit irriguer tous les acteurs et toutes les dimensions de la ville. A Saint-Nazaire, elle a autant vocation à s’exprimer dans le soin porté à l’espace public, dans les structures d’accueil des tout petits, que dans l’animation événementielle. Quels leviers actionner pour qu’elle devienne la préoccupation de tous, acteurs publics, privés, associations et plus largement de tous les nazairiennes et les nazairiens?

économie ouverte et industrie heureuse – Saint-Nazaire, ville active, s’ouvre grand sur le monde par son économie. Ses fleurons industriels autant que ses petites et moyennes entreprises à haute valeur ajoutée donnent à la ville une dimension internationale exceptionnelle et incontestable qui fait partie du quotidien d’un grand nombre d’entre nous. Si cette ouverture de Saint-Nazaire sur le monde est ici comme une évidence, elle est parfois ambivalente et cela justifie une forte vigilance quant au respect des droits des salariés. Ouverture ambivalente au point que parfois on en oublierait presque de la cultiver. Comment mieux valoriser la rencontre entre cette ouverture sur le monde et ses cultures et les savoir-faire ancrés dans le territoire qui est sans nul doute une des marques de fabrique de Saint-Nazaire?

la ville numérique – Les réseaux sociaux, les services et applications numériques, le commerce en ligne, la numérisation de l’industrie… modifient profondément et sans bruit notre rapport à la ville. La ville numérique est une réalité, à Saint-Nazaire comme ailleurs, même si de larges zones blanches persistent encore dans l’accès au haut débit. Comment s’en saisir pleinement et en faire une opportunité permettant de faire place à l’initiative urbaine, économique, sociale, culturelle? Ville à taille humaine et ville connectée, comment articuler ces deux opportunités pour imaginer la « ville augmentée » et finalement mieux vivre et agir ensemble?

habiter Saint-Nazaire – Notre territoire est jeune et attractif et de nouveaux habitants vont nous rejoindre, qu’il s’agisse de nos propres enfants ou de celles et ceux qui, attirés par les opportunités d’emplois et l’exceptionnel cadre de vie, rejoindront la Loire Atlantique et notamment sa partie côtière. Face à ces perspectives, devons-nous nous résoudre à laisser s’installer la pénurie de logements et regarder leurs prix flamber? Plus encore qu’aujourd’hui, Saint-Nazaire doit être demain un choix de lieu et de cadre de vie. Comment agir pour que chacune et chacun trouve effectivement des offres de logement qui correspondent à son projet de vie et à ses moyens financiers, quels qu’ils soient, tout en préservant les campagnes qui nous environnent?

une pause en ville – Vivre en ville suppose d’y trouver toutes les commodités attendues de l’urbanité, au risque parfois de la frénésie. Comment faire de nos aménagements des leviers qui permettent de se mettre à l’écart, se recréer un espace à soi et de profiter de temps de partage, à l’échelle du quartier ou de la ville? Comment faire de la ville un espace propice à l’inattendu et l’imprévu, au spontané et à l’improvisé? Comment être surpris, interrogé, intrigué, émerveillé et (r)éveillé, se sentir libre et guidé à la fois? Comment articuler la vitalité de la ville tout en permettant à chacun de faire une pause, manger, discuter, bronzer, lire, écrire, ou simplement contempler?

balades urbaines – A Saint-Nazaire commence le chemin… Sentier du littoral, des marais, des bords de Loire, chemins verts et chemins bleus, points de vue, senteurs et sonorités, ici la balade urbaine et côtière s’impose. Promenade du dimanche ou randonnée découverte, Saint-Nazaire gagne à se découvrir de manière sensible, à pieds, à vélo. Entre patrimoine et paysages, comment amener Saint-Nazaire à cultiver plus encore l’art du tourisme urbain à la portée de tous?

des saisons en ville – A Saint-Nazaire, la nature n’est jamais bien loin. Elle se découvre, souvent inattendue, au détour d’une rue, au coin d’une maison ou d’un immeuble. Cette nature, cette campagne, si lointaines et si proches, sont aussi très diverses. Saint-Nazaire s’en inspire, et profite de ses différents climats. Ville nouvelle, Saint-Nazaire dialogue avec ses rives autant qu’elle s’en détache. Comment faire plus de place aux saisons dans la ville, comment organiser et favoriser les relations avec les espaces agricoles qui l’environnent pour mieux les rendre accessibles et visibles? Comment continuer de les protéger pour venir poser enfin doucement Saint-Nazaire sur son sol et l’arrimer à son environnement immédiat?

ville de passage(s) et de brassage – Quels qu’aient été les heurts de son histoire, Saint-Nazaire s’est faite autour d’une culture de l’escale. Elle est une ville où l’on passe autant qu’une ville où l’on reste, une ville d’où l’on part autant qu’une ville où l’on arrive. Comment tirer parti de cette histoire et de cette réalité, toutes deux singulières, pour asseoir l’image et l’identité de notre ville ouverte aux influences? Comment nous mettre en ordre de marche pour continuer d’accueillir toutes les formes de visiteurs, travailleurs comme touristes?

l’ailleurs et le déjà là – Saint-Nazaire, ville du voyage… C’est un peu comme si l’exotisme commençait là. Entre far-west et appel du large, Saint-Nazaire est en soi un ailleurs qui en évoque aussi plein d’autres. Finalement, nos voisins à l’ouest, ce sont les Amériques! Dans cet ailleurs et ce déjà là, Saint-Nazaire puise sa singularité et nourrit nos imaginaires. Quels projets, quelles dynamiques engager pour que son offre culturelle, pour que sa saison touristique s’en revendiquent à l’avenir encore plus qu’aujourd’hui?

à petits pas – A Saint-Nazaire, la ville est à portée de pieds. Faire la part belle à la marche en ville, c’est, loin de la frénésie des grandes aires urbaines, savoir y prendre son temps, pouvoir y ouvrir l’œil, savoir en humer l’air, y prendre du plaisir. Comment favoriser la ville à petits pas, pour tous: les petits et les grands, les jeunes, les aînés, les personnes à mobilités réduites et réaffirmer l’espace public comme un espace social, fédérateur et créateur de rencontres? Comment illustrer, à l’image des aménagements simples et généreux du front de mer, que l’espace public accessible à tous, c’est prioritaire?

ensemble – Saint-Nazaire et la question sociale, c’est une longue histoire. Une histoire de revendications et d’imagination, une histoire de solidarités et d’expérimentations. Où en sommes-nous de cette capacité à tisser des liens entre nous, et notamment en direction des plus fragiles, qu’ils soient nés ici ou qu’ils aient traversé l’Europe pour nous rejoindre? Comment repenser les liens entre le rôle de la puissance publique, la capacité d’innovation et de réalisation des acteurs associatifs ou des mouvements citoyens? Comment prendre un soin tout particulier de toutes nos jeunesses, en écoutant mieux ce qu’elles veulent nous dire, en les aidant à s’approprier la ville, en donnant à voir leurs idées et leurs réalisations, en prévenant aussi parfois certaines formes de détresses éducatives?

aperit et nemo claudit – La devise de la ville, « elle ouvre et personne ne ferme », reste une devise de grande actualité. Elle est au cœur du projet politique qui doit nous permettre de bien vivre les uns avec les autres. Elle est aussi au cœur de sujets majeurs en termes d’accès au territoire. Comment favoriser l’accès à notre ville dans un contexte où les infrastructures aéroportuaires, routières ou les services ferroviaires montrent leurs limites? Comment organiser les accès mais aussi les déplacements ou le stationnement au sein de notre ville pour que chacun ait véritablement plaisir à y venir et y séjourner?

 

 

 


vous voulez faire partie de l’équipage?

Le dialogue, la coopération. Deux mots pour nous permettre de vivre ensemble. Deux mots qui guident et animent cette démarche, comme ils animent les débats au sein de Demain Saint-Nazaire, depuis sa création.
Ce document est donc une invitation, pour continuer d’échanger, étudier et construire ensemble l’avenir de Saint-Nazaire. En effet, personne ne peut prétendre détenir seul les clés du destin d’une ville, d’une Nation. Personne ne peut revendiquer d’être le seul interprète des désirs d’un peuple ou d’une cité.

Quand on s’acharne à vouloir garantir l’homogénéité d’une ville, ou d’un peuple, à être le seul interprète de ses attentes, on s’engage sur des pentes politiques glissantes et dangereuses. Toutes celles et ceux qui s’y essayent finissent invariablement par engendrer ou justifier la violence pour mener à bien leurs projets.
Il faut savoir au contraire reconnaître la variété et donc la richesse des sociétés humaines. Il faut savoir reconnaître et expliquer les divergences, les conflits d’intérêts afin de les objectiver et de trouver ensemble les bons compromis.
Nous avons des raisons d’être inquiets quand on voit les fondamentaux du cadre démocratique, qui permettent de passer et garantir ces compromis, se fragiliser les uns après les autres: participation électorale, respect du vote, respect des décisions de justice, respect des personnes et des institutions.
Les villes sont encore préservées de cette crise de confiance, car leur échelle reste sans doute encore facile à appréhender par les citoyennes et les citoyens, car la capacité à interpeller les élu-e-s est réelle, humaine, palpable.

A Saint-Nazaire, il est de notre responsabilité collective de faire vivre cette spécificité, et, espérons-le, d’en tirer quelques enseignements pour les autres espaces de la vie démocratique.

La diversité des opinions fait la richesse, le croisement des énergies fait la réussite. Ils font le contrat social, qui nous permet de vivre ensemble et de préparer l’avenir.

 

Merci donc par avance de vos contributions, de vos critiques.
Merci du temps que vous accepterez de passer,
petit ou grand, ponctuel ou régulier,
pour venir enrichir cette réflexion et préparer avec nous l’avenir de Saint-Nazaire.

 

 

Pour consulter la plaquette diffusée le jour de l’assemblée générale, cliquez ici.